Acceptation. Inspiration. Ambition.

Les relations en 2026. Nietzsche. Le Job de mes Rêves. Bisous, Michelle.

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Acceptation


Il faut que j’accepte que les gens autour de moi aient leur propre vie.

Qu’ils soient libres. Qu’ils n’aient pas toujours la place, l’énergie ou l’envie d’être à mes côtés comme je l’aurais espéré. Et qu’accepter leur entièreté, c’est aussi une manière de les respecter. Peut-être même de les aimer plus sincèrement. J’ai longtemps eu peur de manquer de cette validation-là : le message, le geste, la preuve minuscule mais rassurante que l’autre tient encore à moi. Je m’y accrochais fort. Trop fort, parfois. Aujourd’hui, je comprends un peu mieux à quel point aimer les gens, c’est aussi les laisser être - tant que le respect est mutuel. Et… c’est tout.

C’est un grand lâcher-prise, surtout quand la peur de l’abandon est ancrée depuis longtemps. Mais c’est nécessaire. Depuis quelques années, j’essaie de m’en émanciper. De vivre les bons moments comme ils viennent. De ne pas vivre chaque absence comme une menace. Ma plus grande peur, au fond, ce n’est peut-être pas d’être seule. C’est de m’attacher. Parce que jusqu’à maintenant, à part quelques exceptions, je n’ai presque jamais vécu une attache émotionnelle sans son lot de souffrance, d’attente ou de déception. J’ai très peu connu de relations simples, saines, évidentes. Le genre de relation où l’on ne se demande pas en permanence si l’on demande trop.

C’est étrange, parce qu’autour de moi, j’ai l’impression de croiser des personnes pour qui tout cela semble plus naturel. Elles aiment, elles s’attachent, elles avancent. Elles ne semblent pas passer leur temps à disséquer leur relation au moindre détail. Et pourtant, dans ma réalité, même ça semble parfois déjà trop. Comme si demander un peu d’attention suffisait à déséquilibrer toute la relation. Comme si s’attacher un peu annonçait déjà le début de la fin.

Mais ce n’est pas censé être le but d’une relation humaine, justement ? S’attacher, se retrouver, partager ?

Depuis mes débuts dans le monde du dating, ou plutôt dans celui des relations mal définies, des situations ambiguës et des relations sexuelles non labellisées, j’ai eu l’impression de vivre dans un conflit interne permanent. D’un côté, il y a ma vision du couple « normal » : apprécier quelqu’un, passer du temps avec, s’attacher sans extrême, construire une complicité.De l’autre, il y a tout ce que mes expériences m’ont appris : ne pas trop espérer, ne pas trop demander, ne pas trop croire à ce qui semble beau.

Avec le temps, j’ai appris à éroder mon envie de proximité et d’intimité émotionnelle. Parce qu’elle m’a trop souvent menée droit dans le mur. Même en essayant d’être indépendante. Même en laissant de l’espace. Même en me concentrant sur moi. Même en jouant la carte de la meuf chill et sans pression. Alors je me retrouve dans une course étrange, vers quelque chose que je ne sais même pas nommer.

Si je reste fidèle à ce que je veux vraiment, je risque de me heurter au vide. Parce que si je refuse toutes les situations où l’investissement est trop faible, où la réciprocité est trop floue, où je dois encore me convaincre que ça me va, il ne reste au final pas grand-chose. Ou alors des personnes qui ne me plaisent pas vraiment. Même en essayant.

À ce jour, je n’ai toujours pas la réponse.

C’est comme si on m’avait formatée contre mon gré. Je réfrène sans cesse cette envie d’attache, de partage, de gestes simples et réciproques. Je n’ai plus vraiment d’espoir en quelque chose qui marche naturellement. Je me dis souvent que si c’est trop beau, c’est louche. Alors je joue la fille cool. Détachée. Et, oui, les moments sont cools. Mais je ne sais pas toujours où je vais avec ça. Parce qu’au fond, je sais ce que je veux. Je l’ai toujours su. J’ai juste envie de rire à pas d’heure. De partager des choses. De s’insulter affectueusement et de s’aimer parce que c’est comme ça qu’on fonctionne. De regarder quelqu’un dans les yeux et de sentir que, cette fois, je sais.

Pourquoi cela me paraît-il si lointain ? J’ai dit que j’attendais cette personne. Mais en vérité, je crois que je n’attends plus vraiment. L’idée m’a abandonnée depuis longtemps.


Inspiration


À la base, ce blog devait être un truc positif. Je voulais parler d’avenir, de dur labeur, de mérite, de grands projets. Quelque chose d’un peu motivant, quoi. Ben j’avoue que c’est raté. Quand il ne reste plus grand-chose, on ne sait pas trop à quoi se raccrocher. Je vous l’avais déjà dit précédemment : je ne crois en rien.

Et pourtant, il faut bien vivre…

J’y repense avec un peu de nostalgie. À l’époque, j’avais une sorte de lubie pour Nietzsche. Il représentait pour moi une figure alternative, entre la bonne morale chrétienne et l’anarchisme. Une autre manière de penser la valeur, la douleur, l’émancipation. À un moment où je questionnais l’intérêt même de mon existence, j’ai commencé à lire Le Gai Savoir. Chaque fragment était comme un cachet d’aspirine pour mon âme.

À travers Nietzsche, je découvrais une forme d’émancipation de soi. Une manière de redéfinir les valeurs que le monde nous impose. Une manière de se reconstruire comme quelqu’un de valable, même quand on a l’impression de ne pas avoir été vu. Une sorte de réévaluation des valeurs, en somme. Ce qui était intéressant, c’est qu’il ne promettait pas vraiment de consolation. En fait, il semblait plutôt dire l’inverse : le monde n’a peut-être pas de sens donné, les anciennes valeurs peuvent s’effondrer, Dieu est mort, et maintenant… qu’est-ce qu’on fait avec ça ?


Je suis confus

Je suis née sans religion particulière. On ne m’a pas inculqué les valeurs chrétiennes ni celles d’une autre religion abrahamique. Avec le temps, j’ai grandi sous les valeurs de la République, aka être un bon citoyen. Puis il y a eu l’influence des réseaux sociaux et de la pensée majoritaire. Malgré tout ça, j’ai toujours voulu me construire en alternative à cela. Garder une marge critique, entre la chose « normale » et ma propre vision des choses, du moins ce que je voulais que les choses soient.

C’était sûrement de l’orgueil de ma part, de vouloir me construire différemment.

En fait, j’ai parfois tendance à imaginer ma vie comme si je n’avais choisi aucune classe de personnage à la création et que je jouais en mode manuel sur tous les paramètres initiaux. Ce qui peut être gratifiant dans l’idée, mais en réalité très compliqué au quotidien. J’aime me détacher au maximum des classes préfaites, des trucs automatiques, questionner la « méta » (au sens vidéoludique du terme). Pour autant, c’est un réel péché d’orgueil que je commets alors que je n’ai jamais vraiment apprécié ma game au finale. Et quant bien même, je persiste dans mon choix. Comme si je voulais absolument prouver que j’avais raison depuis le départ.

C’est stupide.

Je comprends pourquoi certaines personnes préfèrent rester dans un moule, des étiquettes et des labels préfaits. C’est une vie beaucoup plus simple et agréable. Pourquoi leur en vouloir ? C’est tout à fait logique. Un peu à l’image des joueurs des Dark Souls-like, c’est peut-être dans la difficulté et la persévérance face à l’échec qu’on aime goûter la vie. En tout cas, si ça permet de garder la tête haute face à l’existence, c’est toujours mieux de se dire ça.

En bref, ce livre m’a, en quelque sorte, permis de rester ici. Les années ont passé, mais une partie de cette philosophie est restée proche de la mienne. Je n’ai pas vraiment d’attache à la spiritualité. J’ai parfois peu d’attache à l’être humain, même si j’ai envie de donner, de partager, de transmettre. Le problème, c’est que tout le monde n’a pas envie de recevoir ce que l’on porte. Du coup, je balance tout ici, en me disant que peut-être quelqu’un passera et comprendra ce que je veux dire.

Vous voyez, ça, c’est justement ce qu’il ne faut pas faire pour être heureux et kiffer votre vie à fond. Arrêtez d’overthink et faites des trucs. Au début, ça n’aura aucun sens, aucun goût, puis à force vous commencerez à apprécier les nuances de son amertume. Comme un bon café.


C'est comme ça que je l'aime mon café

Ambition


S’il y a une chose qui ne m’a presque jamais déçue, à part le café, c’est l’ambition. Pas celle qui consiste à être un véritable connard, à écraser les autres ou à courir après un bullshit job. Plutôt ce désir très concret de grimper, d’apprendre, de construire, de devenir utile quelque part. Pour quelqu’un qui overthink beaucoup, ça fait juste du bien d’aller se lever et faire des trucs.

J’ai un parcours de tarée, en vrai. Je n’ai jamais vraiment été confiante ni stable, mais je n’ai jamais vraiment lâché. Même quand je me suis retrouvée au pied du mur. Cette peur m’a longtemps drivée. Aujourd’hui, cette route m’a menée au son. Je suis technicienne son, dans l’événementiel et le spectacle vivant, et ce métier me donne quelque chose que j’ai souvent cherché ailleurs : une place concrète.

Quand tu es technicienne sur le terrain, tu as un rôle, une utilité et des responsabilités. On ne travaille pas dans le son simplement pour faire fonctionner des machines et des enceintes. On rend possible un putain de moment : un concert, un spectacle, une émotion collective. Et le spectacle vivant me touche particulièrement parce qu’il n’existe qu’une seule fois. Même quand on rejoue la même chose, il y a toujours une énergie différente. C’est extrêmement puissant.

Et dans un monde où j’ai souvent trouvé les relations humaines floues, instables ou douloureuses, ce métier m’offre quelque chose de plus simple et essentiel : un problème, une solution ; un top départ, et on y va, on le fait. On n’a pas le temps de penser à autre chose. Il faut que le signal passe, que les voix soient intelligibles, que les artistes puissent jouer, que le public reçoive quelque chose de cohérent. Si tout va bien, personne ne se doute qu’on existe. Si ça se passe mal, on se tournera vers toi. C’est ingrat, mais c’est notre métier. Et il est magnifique. On est là, dans l’ombre, pour offrir quelque chose qui est magnifique.

Peut-être qu’il y a derrière ça un besoin très personnel : celui de me sentir indispensable quelque part. Ou au moins nécessaire, fiable, légitime. J’ai envie qu’on puisse compter sur moi.

C’est peut-être une forme d’émancipation par le travail, qui se trouve être plus une passion qu’un simple job.


Le meileur job du monde